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Réarboriser la Ville : plantons maintenant une forêt de solutions


Pendant longtemps, la Suisse a été un petit ilot de fraîcheur en Europe. Aujourd’hui, nos principaux atouts climatiques se transforment en faiblesses. Nous sommes déjà et nous serons l’un des pays les plus touchés au monde par la montée des températures. Selon les projections du Centre national pour les services climatiques (NCCS) [1], sans mesures de réduction des gaz à effet de serre, nous nous dirigeons vers une hausse des températures estivales comprise entre +6°C et +9°C d’ici 2100, avec des précipitations qui pourraient être réduites de 40%. Un climat comparable à celui de l’Iran ou du Maroc. Et même si nous sommes plus optimistes et surtout plus ambitieux, que nous respectons nos promesses de réduire nos émissions carbone de moitié d’ici à 2030 et d’atteindre la neutralité dès 2050, nous devrions quand même faire face à des augmentations de l’ordre de +3.5°C à +5°C pour 2060, puis stabiliser la hausse.


Dans tous les cas, le défi sera plus marqué en ville. Selon les études du Centre Recherche de l’Habitat de l’EPFL [2], Morges fera d’ailleurs partie des zones pour lesquelles la dégradation de la qualité de vie est susceptible d’être la plus importante, en comparaison régionale, y compris dans les projections climatiques optimistes. Nous sommes donc exposés à des risques plus importants que d’autres Communes et la préservation de notre qualité de vie et de nos espaces publics est un sujet politique réel.


Heureusement, une solution efficace et plaisante existe pour agir en amont sur cette question : la réarborisation de l’espace urbain [3]. Le long des avenues morgiennes, l’ombrage rafraîchissant d’un arbre est la quête estivale de tout promeneur·euse. Si en été, les espaces verts permettent en moyenne de réduire la température ressentie d’environ 2°C, une couverture végétale accrue est bien plus efficace et peut permettre une réduction de 6°C [4]. La qualité de l’espace public arborisé est également perçue plus positivement et la fréquentation augmente [5].


La politique d’arborisation ne doit pas se limiter à briser localement les ilots de chaleur dans quelques parcs. La mise en place d’une véritable canopée urbaine, qui s’étend à tous les espaces publics, les rues et les parcelles privées constitue également une véritable politique publique et sanitaire. Une cour d’école plantée d’arbres et d’herbe invite spontanément les enfants à bouger plus et réduit l’exposition aux UV [6]. Dans les quartiers, les espaces verts permettent d’ailleurs de lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires, en favorisant l’exercice [7]. La reforestation est sans doute l’un des moyens les plus faciles et les plus efficaces d’amélioration de la qualité de vie des habitant·e·s, avec un impact majeur sur le bien-être et une diminution nette des troubles psychologiques. Par exemple, augmenter de 25% la canopée urbaine permet de diminuer d’un point sur cinq sur l’échelle de la dépression, de l’anxiété et du stress (DASS) [8]. Elle permet également de renforcer le lien social plus que tout autre espace vert [9]. Ces impacts psychologiques positifs ont d’ailleurs pour retombée une diminution visible de la criminalité [10].


La réaborisation constitue une politique particulièrement efficace pour améliorer la qualité de l’air. La concentration de polluants tels que le dioxyde d’azote, l’ozone, le dioxyde de soufre, le cadmium et le benzopyrene est réduite, avec des impacts directs et observables sur la mortalité et les coûts de la santé [11]. Des défenses immunitaires accrues font également partie des bénéfices nombreux de la réarborisation des villes qui ont été observés [12].

À Morges, nous bénéficions de quelques espaces publics de grande qualité, comme le parc de l’Indépendance, mais le manque des aménagements d’arborisation élémentaires, comme des allées d’arbres le long des rues, se fait ressentir en de nombreux endroits. En été, le Quai Lochmann est bien souvent brûlant, et la présence de quelques pauvres marronniers n’est pas d’un grand secours. On imagine facilement une longue ceinture verte et ombragée le long du Quai Igor-Stravinski, mais on n’en voit pour l’instant pas les racines. On contemple l’arbre esseulé au croisement entre la Grand-Rue et la Rue Centrale. On longe l’Avenue de Marcelin ou celle de Plan et on compte sur ses doigts. Nous voulons une politique publique ambitieuse, durable et courageuse. Nous voulons vivre mieux. Pour toutes ces raisons, nous demandons à la Municipalité :


  1. D’élaborer un plan d’arborisation des espaces publics qui prenne en compte chaque rue et chaque espace public morgien, ou parcelle dont la Commune est propriétaire, considère la plantation d’arbres comme une priorité et crée de nouvelles opportunités d’arborisation.

  2. De proposer au Conseil communal une révision du Règlement relatif à la protection des arbres de 1987 qui augmente significativement les exigences en matière d’arborisation des parcelles privées et encourage les propriétaires à dépasser ces dernières.

  3. De se fixer un objectif SMART et ambitieux (par exemple 1000 arbres supplémentaires) et une stratégie de mise en œuvre qui permette de garantir que cet objectif soit atteint dans les délais requis par l’augmentation des températures.

[1] ‘CH2018 - Scénarios climatiques pour la Suisse’, National Center for Climat Services, Zurich [2] ‘New Climates in… Lausanne. Habiter la métropole : le changement climatique comme catalyseur’, 12 Oct. 2020. EPFL, Lausanne. [3] Wolf Kathleen L. et al ‘Urban Trees and Human Health: A Scoping Review’, International Journal of Environmental Research and Public Health. 2020. 17, 4371 [4] Klemm Wiebke et al. ‘Psychological and physical impact of urban green spaces on outdoor thermal comfort during summertime in The Netherlands’, Building and Environment, 2015, 83, 120-128 [5] Lin T.-P. et al. ‘Effects of thermal comfort and adaptation on park attendance regarding different shading levels and activity types’, Building and Environment. 2013, 59, 599-611 [6] Boldemann Cecilia et al. ‘Impact of preschool environment upon children’s physical activity and sun exposure’, Preventive Medicine. 2006, 42 (4), 301-308 [7] Kim, Jun-Hyun, Chanam Lee et Wonmin Sohn ‘Urban Natural Environments, Obesity, and Health-Related Quality of Life among Hispanic Children Living in Inner-City Neighborhoods’, Int. J. Environ. Res. Public Health. 2016. 13 (1), 121 [8] Beyer, K. et al. ‘Exposure to neighborhood green space and mental health: Evidence from the survey of the health of Wiscosin. Int. J. Environ. Res. Public Health. 2014. 11, 3452-3472 [9] Holtan, M.T., S.L. Dieterlen et W.C. Sullivan ‘Social life under cover: Tree canopy and social capital in Baltimore, Maryland’, Environment and Behavior, 2014. 47, 502-525 [10] Wolf 2020, p. 9 [11] Wolf 2020, p. 6 [12] Wolf 2020, p. 13

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