Un processus démocratique interrompu

Lors de la dernière séance du Conseil communal de Morges du 2 juin 2010, l'élection à la première vice-présidence du Conseil communal a donné lieu à des gesticulations théâtrales disproportionnées de la part du bloc du centre-droit morgien. Ce dernier a manifesté un mépris envers nos institutions en interrompant un processus démocratique, et envers la population morgienne en empêchant le Conseil communal de statuer sur des projets très attendus.

Le premier tour de scrutin n'ayant pas permis une élection immédiate (à deux voix près!) de son candidat libéral - parti dont le siège n'a pas été contesté -, tous les groupes bourgeois ont quitté la séance, en refusant de poursuivre la procédure pourtant prévue par le règlement. Cette attitude émotionnelle est infantile et antidémocratique.

Une élection est un processus ouvert, qui consiste à offrir le choix d'une personne à l'ensemble des membres du Conseil communal. Le règlement, à son article 12, prévoit que les élections "ont lieu à la majorité absolue au premier tour et à la majorité relative au second". On voit là que la possibilité d'un deuxième tour a été prévue et qu'il ne s'agit pas d'une situation incongrue, mais d'un processus démocratique voté par l'ensemble du Conseil communal par l'adoption de son règlement.

En quittant la salle de façon outrancière et abrupte avant même que le deuxième tour n'ait pu avoir lieu, le bloc politique de droite a ainsi interrompu un processus démocratique usuel, et refusé le droit au Conseil communal de choisir. Pour ceux qui se drapent aujourd'hui de démocratie, admettez avec nous que cette attitude est pour le moins inconséquente.

Le centre-droit du Conseil communal a donc empêché celui-ci de statuer sur des projets concernant toutes les Morgiennes et tous les Morgiens. En quittant l'assemblée délibérante, le quorum n'était plus atteint. Dans les faits, ce comportement irresponsable a privé le Conseil communal de procéder à l'élection à la vice-présidence, et de surcroît de se prononcer sur des projets d'intérêt général concernant toute la population (construction de logements aux Charpentiers, notamment). Le bloc politique de droite a ainsi démontré son mépris et son manque de respect pour la démocratie, pour nos institutions et surtout pour les citoyens Morgiens, en privilégiant des intérêts partisans au-dessus de l'intérêt général.

Groupe des Socialistes, Verts, POP et Indépendants

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