Mesdames et Messieurs les représentants des autorités communales, cantonales et fédérales,
Madame la Syndique,
Madame et Messieurs les Municipaux,
Monsieur le curé,
Chers concitoyennes et concitoyens,
Chers invités des communes voisines ou plus lointaines.
C'est avec une très grande joie que j'ai le plaisir de vous transmettre ce soir les respectueuses salutations du conseil communal de Morges.
Porte-parole officiel de votre législatif communal, c'est donc à moi que revient le privilège d'officier en tant qu'oratrice pour notre fête nationale et sachez que j'en suis très honorée !
Avant les feux d'artifice que nombre d'entre vous attendent, surtout les plus jeunes, je me permets de vous livrer quelques réflexions qui me sont venues concernant notre rassemblement de ce soir.
Quand j'ai demandé à mes élèves ce qui se passait le 1er août, je n'ai eu qu'une main qui s'est levée et après bien des hésitations. à leur décharge, mes élèves sont assez jeunes et ne savent pas encore beaucoup de choses au sujet des jours fériés, ou des fêtes religieuses. hormis au sujet de Noël évidemment. Bref. le petit Fabio lève la main et me dit : «Mais en fait, le 1er août, c'est pas l'anniversaire à la Suisse ?»
Eh oui. il a raison finalement et l'on peut tout à fait appréhender les choses sous cet angle. Aujourd'hui, nous sommes donc réunis pour fêter tous ensemble le 719ème anniversaire de Madame la Suisse!
En guise d'hommage à cette chère vieille dame, voici un modeste poème écrit à la façon d'Edmond Rostand et sa fameuse « Tirade des nez ». C'est une collègue conseillère communale de Montreux, Madame Jacqueline Pellet, qui avait eu l'idée d'écrire un discours du 1er août qui durerait environ deux minutes. J'ai donc repris ce concept, remanié et actualisé le texte de base. Afin de faire aussi participer les jeunes à notre cérémonie, je demande maintenant à ma nièce Capucine de s'approcher afin que nous en partagions la lecture. Merci de lui faire bon accueil.
Discours du 1er août en moins de deux minutes.
Hélas, c'est un peu court, à peine deux minutes Pour parler de notre pays et aller droit au but. Car évoquer la Suisse demanderait plus de temps En variant le ton par exemple, tout en restant attrayant.
Minimaliste: Ce fut au début tellement petit et riquiqui. Qu'il y n'y avait que Schwyz, Unterwald et Uri !
Admiratif : C'est vrai, les premiers Suisses étaient peu nombreux, Mais ils avaient tous de beaux bras noueux.
Empathique : Oh Suisse, à nulle autre pareille, C'est sur tes monts que le soleil nous annonce un brillant réveil.
Sérieux : Même si l'on n'y voit plus beaucoup de vaches, Le Grütli reste sacré, il faut bien qu'on le sache !
Etonné : Comment se fait-il donc que l'on ait parfois tendance à oublier Ce qui nous unissait, la solidarité ?
Aveugle : On a peut-être raté le grand train de l'Europe Mais en Suisse on est sûr que l'on est pas myope, Et si le franc est parfois malmené face à l'euro, C'est la faute au marché et à ses soubresauts !
Désabusé : Dans certaines communes, depuis qu'il est férié On fête le premier, le trente et un juillet !
Piquant : Il paraîtrait que quand la Nati gagne C'est seulement contre l'Espagne.
Nostalgique : Autrefois, on était vraiment fier De parcourir le monde avec notre Swissair
Apaisé : Lorsque Max et Rachid de Lybie sont rentrés, C'est tout un pays qui a été soulagé
Triste : Au revoir cher Nicolas, ton franc-parler d'horloger Va bien nous manquer.
Politique : Aujourd'hui, nous devons tous ici Savoir nous engager et cela sans répit Pour tenter d'éviter que nous nous retrouvions De peuple des bergers à celui des moutons !
Voilà ce qu'à peu près, j'ai tenté de vous dire Par ce petit texte qui souhaitait décrire En moins de deux minutes, un pays contrasté, Multiple et merveilleux, et que l'on se doit d'aimer.
Capucine, je te félicite pour ta lecture et te remercie de ta participation. Il fallait quand-même bien du courage pour m'accompagner ce soir !
Donc. tout a commencé il y a de cela 719 ans sur un alpage nommé Grütli. Et il s'en est passé des choses depuis 1291.
J'ai évoqué pêle-mêle dans le texte précédent plusieurs thèmes qui m'ont marquée ces dernières années et ces derniers mois. En parallèle à certains déboires qu'a connus notre pays, tels que le vote contre les minarets ou l'affaire libyenne pour ne citer que ces deux épisodes récents, c'est aussi beaucoup de joies et d'événements positifs que nous avons pu partager. Cette année, la Nati aura été la seule équipe à battre les champions du monde. Au chapitre des bonnes nouvelles, on a cru comprendre que la 3ème voie CFF est sur de bons rails. et le contournement autoroutier sur la bonne voie !
Cette année aussi, notre pays est gouverné par plusieurs femmes très compétentes. Parmi elles, une Présidente de la Confédération, Madame Doris Leuthardt, une Présidente du Conseil National, Madame Pascale Bruderer Wyss et une Présidente du Conseil des Etats, Madame Erika Forster-Vaninni. Et même à Morges : une Syndique et une Présidente ! Du jamais vu ! Bien que toutes issues de partis politiques différents, toutes ces femmes ont un seul but en tête. Faire en sorte que nos institutions fonctionnent et que notre pays continue à avancer dans la bonne direction pour le bien-être de tous ses habitants.
719 ans. quel âge honorable. Depuis 1291 et notre premier pacte, que d'années vécues dans la joie et les drames, la richesse et la pauvreté, la paix ou la guerre. Car la vie, c'est cela. de bonnes choses, mais aussi des moments difficiles à traverser. Notre pays, malgré la situation économique actuelle assez difficile reste néanmoins prospère. N'oublions pas que jusqu'au 19ème siècle, de nombreux Suisses ont choisi la route de l'exil, tant la pauvreté était grande. Les guerres civiles ont aussi existé, entre protestants et catholiques, entre campagnards et citadins. Mais maintenant, nous avons la chance et surtout la volonté de rester unis. Malgré nos confessions différentes, nos modes de vie différents, et nos langues différentes.
Cette année n'aura pas été la plus facile, mais je vous invite, chères concitoyennes et chers concitoyens, à continuer d'avancer, et comme Capucine l'a lu toute à l'heure, je vous invite à «vous engager et cela sans répit,pour tenter d'éviter que nous nous retrouvionsde peuple des bergers à celui des moutons.»
Alors. Une dernière fois, un très joyeux anniversaire à vous, chère Madame Helvetia !
Je vous souhaite à tous une bonne soirée et vous remercie de l'attention que vous m'avez prêtée.
Valérie Merino de Tiedra, présidente du Conseil Communal
