Pourquoi la Suisse doit-elle s'engager contre le changement climatique ?
Nous devons agir, car:
Qu'est-ce qu'une politique climatique «efficace» ?
Une politique réduisant les émissions de gaz à effet de serre à un niveau non dangereux pour l'Homme et l'environnement (moins 30% pour tous les pays industrialisés à l'horizon 2020). Pour atteindre ce chiffre, il faut définir des objectifs et les mettre en oeuvre sur le terrain.
Que fait la Suisse actuellement en matière de protection du climat et pourquoi ces mesures ne suffisent-elle pas ?
En ratifiant le Protocole de Kyoto, la Suisse s'est engagée à faire passer ses émissions de gaz à effet de serre à un niveau inférieur de 8% à celui de 1990 d'ici 2012. Par sa loi sur le CO2, la Suisse vise une réduction de 10% du CO2 par rapport au niveau de 1990 (moins 8% pour les carburants, moins 15% pour les combustibles).
Le problème, c'est que la Suisse est très loin de ces objectifs. A ce jour, les émissions ont seulement pu être stabilisées, mais pas encore réduites. La loi sur le CO2 n'est toujours pas entrée en vigueur - tout comme la taxe incitative sur les carburants. A leur tour, les conventions volontaires telles que celle passée avec l'industrie automobile1 ont échoué. Et le Parlement n'a toujours pas défini des objectifs de politique climatique efficace à long terme.
Que se passera-t-il si la Suisse n'atteint pas les objectifs convenus à Kyoto ?
La Confédération espère que les objectifs de Kyoto seront atteints d'ici 2012. Pour cette raison, elle veut tenir compte des réductions d'émissions à l'étranger, et a décidé d'intégrer dans le bilan l'augmentation du stock de bois dans les forêts existantes et donc l'absorption de CO2 en résultant. En outre, elle espère que les hivers de 2008 à 2012 (période de mesure) ne seront pas trop froids et que nous consommerons donc moins de mazout et de gaz naturel.
Dans une question ayant des conséquences si importantes, compter sur la clémence des conditions météorologiques n'est pas suffisant. Car si les hivers sont froids et qu'un deuxième «Lothar» vient balayer de grandes superficies de forêt, la Suisse ne pourra pas atteindre ses objectifs.
Le Protocole de Kyoto prévoit dans ce cas que:
Pourquoi l'initiative pour le climat exige-t-elle une réduction de 30% ?
Pour éviter les pires effets sur l'Homme et l'environnement, la température moyenne de notre planète ne doit pas dépasser de plus de 2°C la température moyenne d'avant l'ère industrielle. Les milieux scientifiques considèrent que, dans le monde entier, et d'ici 2050, les gaz à effet de serre devront être réduits à moins de la moitié de leur valeur de 1990. Avec leurs valeurs d'émission par habitant très élevées, les pays industrialisés doivent agir immédiatement et procéder à d'importantes réductions. D'ici 2020, ils devront réduire leurs émissions de 30%, comme l'exige aussi l'initiative pour le climat en Suisse. A son tour, l'UE a décidé de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% si d'autres pays se joignent à elle.
A ce jour, la Suisse a uniquement pu maintenir le volume des gaz à effet de serre au niveau de 1990. Parmi ces gaz, outre le CO2, on trouve aussi le méthane, le protoxyde d'azote, les hydrocarbures fluorés, les hydrocarbures perfluorés et le SF6 (hexafluorure de soufre). Mais au niveau des émissions globales de CO2, qui tiennent compte aussi bien des volumes émis en Suisse et à l'étranger (énergie grise), la situation n'est pas brillante. Pays traditionnel de services, la Suisse produit en fait relativement peu de CO2 dans le pays, mais l'importe de l'étranger sous forme de biens.