L'initiative populaire n'a rien contre les tireurs sportifs, les chasseurs et les collectionneurs responsables. Ils pourront conserver leur arme, à condition bien sûr de l'utiliser avec soin et prudence, de disposer des compétences nécessaires et d'exercer activement leur passion. Les tireurs sportifs titulaires d'une licence pourront toujours participer aux tirs en campagne avec leur arme personnelle. Seulement, ces groupes ne possèdent qu'une petite partie des 2,3 millions d'armes à feu qui se trouvent actuellement dans les ménages suisses. Les armes militaires y sont largement majoritaires : 252 000 sont détenues en prêt par des soldats d'active et 1,448 million appartiennent à d'anciens soldats. Or, leur place est à l'arsenal ! Seules doivent être autorisées à porter une arme les personnes qui en ont réellement besoin et qui ont les capacités requises.
Plus d'un tiers des foyers suisses détiennent une arme à feu. En temps normal, ceci ne pose pas de problème. Mais la violence domestique exercée le plus souvent par des hommes contre leur femme et leurs enfants est plus répandue que l'on croit. Lorsque la colère explose, la présence d'une arme à portée de main peut s'avérer extrêmement dangereuse. L'initiative réduit considérablement cette disponibilité.
Il est scientifiquement prouvé que si les moyens de se suicider font défaut, moins de gens meurent. Les armes à feu sont la méthode de suicide la plus couramment employée. Les tentatives de mettre fin à ses jours sont impulsives ; avec les armes à feu, elles sont souvent irrémédiables. Chaque suicide est une mort de trop qui laisse des proches très affectés. Les méthodes ne sont pas simplement interchangeables. Moins il y a d'armes, plus il y a de vies épargnées.
Selon un sondage publié par Isopublic en avril 2007, une nette majorité des personnes interrogées (66 %) estiment que l'arme personnelle du soldat doit être entreposée à l'arsenal avec les munitions. Cette solution a surtout les faveurs des femmes (76 %) et des personnes âgées de 35 à 54 ans (74 %). Un seul groupe de sondés est majoritairement favorable au maintien des armes militaires à la maison : 61 % des électeurs de l'UDC.